Un format de fichier ne réglera pas le BIM flou
Un fichier IFC ou COBie est une impression de la maquette. Ce n’est pas un plan, et il devient vite périmé.
Partout au Canada et aux États-Unis, on dit aux donneurs d’ouvrage que les formats ouverts sont la solution. Aux États-Unis, COBie fait partie de la norme BIM nationale depuis 2012.34 La feuille de route de 2021 de l’agence fédérale des routes pour les ministères des Transports des États présente les travaux sur l’IFC pour les ponts et les routes comme son point de départ.35 Le Canada a publié l’ISO 19650-2 comme norme nationale en novembre 2024.36 Au Canada, c’est au Québec qu’on trouve le plaidoyer écrit le plus clair en faveur du « BIM ouvert » : la feuille de route gouvernementale pour le BIM fait la promotion des maquettes IFC, des fichiers d’exigences IDS, du dictionnaire de données bSDD et des autres normes de buildingSMART. Son document d’orientation, rédigé par Érik Poirier et Cloé Arnould et approuvé en mai 2025, est un travail sérieux; nous le citons plus bas sous le nom « le guide ».1
Ailleurs au Canada, le ton est plus prudent. Ce que le pays a adopté comme norme nationale, c’est l’ISO 19650-2, et elle n’impose aucun format de fichier.36 Le rapport de 2024 de buildingSMART Canada et du Conseil national de recherches souhaite que l’industrie s’oriente vers des solutions fondées sur l’openBIM
et avance que le Canada pourrait envisager d’exiger les normes openBIM dans les projets publics
; c’est une recommandation, pas une règle en vigueur.40 Metrolinx, l’agence ontarienne de transport collectif de la région de Toronto, accepte les maquettes fédérées en format Navisworks ou IFC.37 Nous n’avons trouvé aucune règle fédérale qui exige l’IFC. Parmi les documents que nous avons consultés, le guide québécois est celui qui s’engage le plus clairement envers l’IFC. Ce n’est pas un reproche : le Québec a pris les devants là où le reste du Canada en est encore aux intentions. Le même rapport conseille d’ailleurs aux donneurs d’ouvrage de préciser quoi
accomplir plutôt que de prescrire comment
s’y prendre.40 La vraie question, c’est de savoir si exiger un format est le bon premier pas.
Une précision d’entrée de jeu : le fondateur d’OpenBEP travaille chez VIM, une entreprise qui a son propre format d’échange. Cette page en parle, avec d’autres options, vers la fin.
Nous sommes d’accord avec une bonne partie des arguments du BIM ouvert. Nous ne sommes pas d’accord avec une idée qu’on entend souvent : si les donneurs d’ouvrage publics exigent l’IFC et des outils ouverts sur chaque projet, les problèmes de BIM de l’industrie vont disparaître.
D’après notre expérience, le problème principal n’est pas le format de fichier. C’est que les donneurs d’ouvrage demandent « le BIM » sans dire à quoi il doit servir. Une maquette floue enregistrée en IFC reste une maquette floue.
L’argument en bref
- Un export, c’est le PDF de la maquette. On peut le lire, mais personne ne peut continuer à travailler dedans. L’équipe suivante a encore besoin des fichiers natifs, et l’export est dépassé dès la première rénovation.
- Un format dit comment écrire un fichier, pas ce qu’il doit contenir. Seules les exigences du donneur d’ouvrage le disent : les usages, les éléments, les paramètres, les vérifications.
- L’IFC est difficile à implanter et difficile à lire. Il se divise en dialectes, peine avec les grosses maquettes, et sa prochaine version est une refonte qui n’est pas prête.
- COBie, c’est pire. C’est un export en tableur, difficile à vérifier et à relier à la maquette. Le Royaume-Uni l’a exigé et certains clients n’ont pas pu se servir de ce qu’ils ont reçu, et buildingSMART prépare son successeur.
- Certaines normes ouvertes sont vraiment bonnes. IDS pour les exigences et BCF pour les problèmes valent la peine d’être exigés.
C’est un désaccord sur les priorités et l’ordre des choses, pas sur la bonne foi de qui que ce soit. Le guide lui-même dit que le recours au BIM ouvert est « naturellement souhaitable », sans fixer d’obligation ni de date.1 Les citations de sources anglaises, néerlandaises et japonaises sont nos traductions.
Ce que le BIM ouvert a de bon
- Partir des usages. Le résumé du guide le dit : « Tout débute avec les cas d’usage ».1 Nous sommes d’accord, mais l’idée n’est pas nouvelle et elle ne vient ni du BIM ouvert ni de l’ISO. Dès 2010, le BIM Project Execution Planning Guide de Penn State en faisait sa première étape : déterminer les objectifs BIM et les usages BIM.13 C’est aussi là que commence OpenBEP.
- Les donneurs d’ouvrage doivent garder le contrôle de leurs données. Le guide écrit : « Il est d’une importance capitale que les DOP conservent le contrôle de leurs données ».1 Nous sommes d’accord.
- IDS pour les exigences. Un fichier IDS est une liste, lisible par machine, de ce que chaque élément doit contenir. Selon le guide, « C’est typiquement le client qui développe les IDS ».1 L’IDS est rédigé à partir des classes et des jeux de propriétés IFC, mais avec une correspondance vers les paramètres Revit, la même liste peut aussi servir à vérifier des maquettes Revit, pas seulement des fichiers IFC. C’est pour ça qu’OpenBEP en exporte un pour chaque plan.
- BCF pour les problèmes. Le BCF (BIM Collaboration Format) est une norme simple et efficace pour faire passer les interférences et les problèmes de coordination d’un outil à l’autre, avec un point de vue et un commentaire attachés à chacun. Il fait une seule chose, et il la fait bien.
- Vérifier les fichiers IFC, et seulement eux. buildingSMART offre un service gratuit de validation IFC en ligne, que le guide propose aux donneurs d’ouvrage pour les fichiers qu’ils reçoivent. Ce n’est pas l’IDS. Selon le guide, il vérifie un fichier par rapport à la norme IFC elle-même : « la syntaxe du fichier (STEP) », la conformité du schéma, les règles IFC normatives, certaines bonnes pratiques de modélisation et la conformité avec le bSDD.1 Il ne vérifie pas les exigences du donneur d’ouvrage, et il ne sert à rien à qui ne livre pas d’IFC. Au fond, c’est l’organisme qui tient le format à jour qui vérifie qu’un fichier respecte le format. Vérifier le contenu par rapport à ce que le donneur d’ouvrage a demandé, c’est le rôle de l’IDS.
Remarquez ce que ces normes ont en commun. IDS et BCF décrivent des exigences et des problèmes. Elles ne prétendent pas être la copie maîtresse de la maquette.
Un export, c’est le PDF de la maquette
Le guide affirme que « Les formats ouverts garantissent l’interopérabilité entre les logiciels » et que « L’approche centrée sur la donnée se fera au moyen de fichiers interopérables, encodés selon le schéma de données IFC ».1 Un format garantit qu’un autre logiciel peut ouvrir le fichier. Il n’en fait pas une maquette sur laquelle on peut travailler.
- Même les défenseurs de l’IFC utilisent cette comparaison. Dans une entrevue de 2019, un fichier IFC tiré d’une maquette Revit était comparé à un PDF tiré d’un fichier Word : on peut lire le texte, mais on ne peut pas faire de traitement de texte dedans.2 L’idée, à l’époque, était que tout le monde peut le lire. Notre point, c’est l’autre moitié : dans les logiciels de conception que la plupart des firmes utilisent, on ne peut pas continuer à travailler dedans.
- L’aide de Revit indique qu’ouvrir un fichier IFC crée une nouvelle maquette à partir du gabarit par défaut, et invite plutôt à lier l’IFC
comme information de référence
.4 - Il y a un contre-argument valable : certains outils, comme Bonsai (anciennement BlenderBIM), modélisent directement en IFC; pour eux, l’IFC est le fichier natif. Peu de firmes travaillent ainsi aujourd’hui, et une exigence doit correspondre à la façon dont les projets se livrent vraiment.
- Les Pays-Bas gardent l’IFC sur la liste « appliquer ou expliquer » que les organismes publics doivent exiger. Mais en 2019, leur Forum de normalisation a précisé que les maquettes IFC sont un produit de la maquette source, pour la communication et la coordination, et qu’« elles ne remplacent pas les maquettes sources ».5
- L’examen des demandes de permis de construction au Japon, ouvert depuis avril 2026, fonctionne de la même façon. Ce sont les dessins PDF tirés de la maquette BIM qui sont examinés. Le fichier IFC déposé avec eux sert de référence pour comprendre la forme : selon le manuel, les examinateurs ne prennent aucune décision sur la base d’une information qui se trouve seulement dans les données IFC, l’IFC n’est pas conservé comme document légal et il ne sert pas aux inspections en cours de chantier ni à l’inspection finale.38
- Ce qui a rendu cet examen possible, ce n’est pas le format de fichier. C’est un ensemble commun de règles de saisie et de sortie, écrites élément par élément (grilles, poteaux, poutres, dalles, murs, etc.), que chaque concepteur qui s’en sert s’engage par écrit à respecter.38 C’est une exigence écrite par la partie qui va se servir des fichiers, et c’est la partie que la plupart des feuilles de route du BIM ouvert remettent à plus tard.
- Le rapport canadien de 2024 sur la feuille de route cite le Japon en exemple : selon lui, le ministère
a rendu obligatoire l’utilisation de l’IFC pour la vérification de la conformité au code
.40 Le manuel publié depuis par le ministère décrit quelque chose de plus limité : l’IFC est déposé avec les dessins comme référence, et ce sont les dessins qui sont vérifiés.38
Périmé dès la première rénovation.
Un fichier IFC ou COBie livré est un instantané. En 2016, un ingénieur BIM principal décrivait COBie comme l’équivalent BIM de l’annuaire téléphonique de cinq centimètres d’épaisseur qu’on recevait tous chaque année : il est déjà dépassé quand il arrive sur le pas de la porte
.6 D’après notre expérience, c’est la même chose pour une archive IFC. Le jour où le bâtiment est rénové, le travail se fait dans la maquette native, qui est mise à jour, et il faut exporter de nouveau les fichiers IFC et COBie. Une archive d’exports, c’est une archive de vieilles impressions.
Les fichiers natifs des logiciels de conception devraient donc être la référence contractuelle, et les exports, des livrables en plus, demandés quand un usage précis en a besoin. Cela a un coût, et nous l’assumons ouvertement : les fichiers natifs lient l’archive au format d’un seul fournisseur, et c’est la dépendance contre laquelle le guide met en garde.1 Notre réponse : un donneur d’ouvrage garde le contrôle en étant propriétaire des fichiers natifs et en précisant, usage par usage, de quelles données il a besoin et dans quel format. Une règle IFC générale ne donne pas ce contrôle à elle seule.
Certains donneurs d’ouvrage canadiens l’écrivent déjà ainsi. Metrolinx, l’agence de transport collectif de l’Ontario, demande à la fois les fichiers natifs et les fichiers d’échange à chaque dépôt, les dessins en PDF et en format natif, et accepte les maquettes fédérées en Navisworks ou en IFC.37 Dans ce schéma, le fichier natif est la copie de travail et les exports servent des usages précis.
Filtrer est un avantage, si c’est le donneur d’ouvrage qui choisit le filtre.
Le guide prévient que, lors d’un export IFC, « la maquette numérique sera nécessairement « filtrée » et ne contiendra pas toutes les données que contient la maquette originale ».1 C’est présenté comme une faiblesse. Nous le voyons autrement. Un donneur d’ouvrage ne veut pas chaque paramètre de travail ni chaque objet d’appoint dont un concepteur s’est servi. Il veut les données dont ses usages ont besoin, et rien d’autre. C’est l’idée derrière notre spécification des LOD, où le niveau tel que construit garde moins d’information que la maquette de construction, pas plus. Le problème, ce n’est pas que les exports filtrent. C’est que, sans exigences du donneur d’ouvrage, personne ne décide de ce que le filtre garde.
Le problème de l’IFC
Exiger l’IFC sur chaque projet, c’est demander à chaque firme de porter le poids de la norme telle qu’elle est aujourd’hui. buildingSMART, l’organisme qui tient l’IFC à jour, et les chercheurs qui travaillent avec elle ont parlé franchement de ce poids.
Trop gros pour être implanté en entier, donc divisé en dialectes.
- Le blogue de buildingSMART :
Cet ensemble riche d’ententes est souvent trop lourd pour qu’un développeur l’implante en entier dans son logiciel.
Les logiciels implantent donc des sous-ensembles, appelés définitions de vue du modèle (MVD).10 - Le même article compte près de 20 MVD dans la prochaine version :
Ça veut dire 20 dialectes différents de l’IFC. Vingt implantations différentes dans les logiciels. Si ça continue, le nombre de MVD atteindra la centaine avant qu’on s’en rende compte.
Il admet :Comme communauté, nous expliquons aux gens de l’extérieur qu’« il n’y a pas un seul IFC »
, et qualifie l’approche denon viable
.10 - Une étude de 2021 a examiné 57 maquettes IFC venant de la pratique, presque tous dans l’ancienne version IFC2x3, qui est encore celle qu’une grande partie du marché échange. La souplesse de l’IFC
permet plusieurs interprétations
, ce quidonne des solutions IFC hétérogènes pour des situations semblables, ce qui nuit fortement à l’interopérabilité
. Seulement 8 des 39 maquettes vérifiées avaient une sémantique suffisante.11 - Écrire « livrer un IFC » dans un contrat ne veut donc pas dire grand-chose à lui seul. Quelqu’un doit préciser quelle version, quel sous-ensemble et quelles propriétés, et vérifier que le logiciel qui reçoit les prend en charge.
Une géométrie qui ne passe pas à l’échelle.
- Le coordonnateur technique de buildingSMART Espagne écrivait en 2024 que la structure de l’IFC, basée sur STEP,
a mené à des fichiers volumineux et à une capacité limitée à passer à l’échelle, ce qui a nui à l’adoption et à l’efficacité de l’IFC dans les projets plus gros et plus complexes
.22 - Revizto, un fabricant de logiciels de coordination qui prend en charge l’IFC, affirme que les fichiers IFC peuvent gonfler
jusqu’à 5 à 10 fois la taille du fichier d’origine dans certains cas
, et que l’effetest le plus marqué dans les plus gros projets
.23 - Le blogue de buildingSMART dit que
la couche de ressources actuelle (surtout la géométrie) a besoin d’un ménage
.10 Le guide québécois lui-même prévient que les fichiers IFC « peuvent devenir volumineux et exiger des ressources », et qu’il faut donc découper les maquettes en fichiers plus petits.1 - La solution explorée pour l’IFC 5 en dit long :
des maillages triangulaires comme représentation géométrique principale
, et des objets répétés qui héritent leur géométrie d’un seul élément type au lieu d’être réécrits chaque fois.22 Autrement dit, la façon dont les moteurs de jeu et les visionneuses rapides stockent la géométrie depuis des années.
Une norme qui change sans arrêt.
- Le guide indique que « Plus de 18 versions du schéma ont été publiées » depuis 1997, et que « l’IFC 5 adoptera une toute nouvelle approche ».1 L’IFC 4.3 n’est devenu la norme ISO qu’en 2024.1
- En octobre 2026, le dépôt IFC 5 de buildingSMART qualifie encore ses exemples de
préliminaires
et denon adaptés à un usage en production
, annonce qued’autres documents suivront bientôt
, et prévient queles prochaines mises à jour du développement exigeront de réviser ces exemples
.12 - Encore le coordonnateur de buildingSMART Espagne : ajouter de nouveaux concepts
exige souvent des changements importants, ce qui peut causer des incompatibilités entre les versions et des difficultés à adopter les nouvelles fonctions
.22 - Le marché reste donc sur les anciennes versions. Sous une publication sur l’IFC 5, Ivan Shtaer écrivait :
implanter chaque nouveau schéma tous les 4 ou 5 ans, ça ne rapporte tout simplement pas. Le marché n’a pas le temps de digérer. Le développeur est obligé de prendre en charge la version 2X3, parce que beaucoup de données ont été créées et existent dans ce format.
19 L’IFC 4.3 est stable et c’est une norme ISO, mais une firme qui ajuste ses exports pour cette version aujourd’hui doit s’attendre à refaire une bonne partie du travail pour l’IFC 5.
Là où l’IFC a sa place.
Les infrastructures sont le meilleur argument en faveur de l’IFC. Son édition ISO de 2024, l’IFC 4.3, a ajouté les ponts, les routes, les chemins de fer, les voies navigables et les installations portuaires.39 D’après notre expérience, Revit est rarement le logiciel de conception sur ce type de travaux, et plusieurs outils doivent partager une même maquette. La feuille de route de l’agence fédérale des routes des États-Unis place l’IFC, avec LandXML, parmi les normes ouvertes que les agences des États peuvent utiliser pour modéliser les données d’ingénierie.35 Même là, le format ne fonctionne que si le donneur d’ouvrage précise quelle version, quelles classes et quelles propriétés, et les vérifie.
Difficile à lire.
Ici, c’est notre propre avis, tiré du travail de tous les jours : la documentation de l’IFC est parmi la documentation technique la plus difficile à utiliser de notre industrie, même pour des gestionnaires BIM d’expérience. Pour trouver comment écrire une seule propriété d’un seul élément, il faut traverser des couches d’entités, de jeux de propriétés, de MVD et de versions. buildingSMART elle-même dit que MVD est un des acronymes les plus déroutants
de son vocabulaire.10 Une norme que les experts ont du mal à lire est une mauvaise base pour une exigence imposée à chaque firme, grande ou petite.
La comparaison avec Internet ne tient pas.
Le guide demande d’imaginer Internet sans normes comme HTML et HTTP : « Vous auriez besoin d’un navigateur différent pour chaque site web que vous visitez ».1 Mais une page web s’affiche de la même façon dans tous les navigateurs. Deux fichiers IFC du même mur venant de deux logiciels, souvent non : classes différentes, noms de propriétés différents, données manquantes, comme l’a constaté l’étude de 2021.11 Le guide promet aussi qu’« une donnée créée dans un logiciel de conception pourra être utilisée dans un logiciel de gestion des actifs des décennies plus tard ».1 Des données gardées pendant des décennies ne sont utiles que si elles étaient cohérentes au départ : les mêmes paramètres, avec les mêmes noms, remplis de la même façon sur chaque projet. L’IFC ne donne pas ça. Une liste de paramètres partagés et des exigences du donneur d’ouvrage, oui.
Le problème de COBie
COBie est un format de remise en tableur, construit comme un sous-ensemble de l’IFC. La stratégie de construction du gouvernement britannique de 2011 l’a exigé sur les projets financés par l’administration centrale.37 C’était une exigence de format à l’échelle d’un pays, et les résultats sont documentés. Aux États-Unis, COBie fait partie de la norme BIM nationale, où il est apparu en 2012 (version 2.26). Le National Institute of Building Sciences le tient à jour depuis 2013 et en a publié la version 3.0 en 2023.34 Nous n’avons trouvé aucune étude américaine sur l’usage de ses données après la remise qui se compare au bilan britannique ci-dessous.
- Des clients qui ont demandé le format, pas le contenu. Le gestionnaire des processus BIM de la Birmingham City University :
Quand un client dit juste « donnez-moi du COBie » sans préciser ses besoins, les consultants s’arrachent les cheveux, parce que ce niveau d’information n’est tout simplement pas nécessaire pour gérer des bâtiments. C’est un gros travail que quelqu’un devra payer pour rien.
3 - Des données qui n’arrivaient pas dans les systèmes du client. En 2016, l’année où l’obligation britannique est entrée en vigueur, trois des personnes interrogées par BIM+ disaient avoir du mal à importer les données COBie dans leur logiciel d’entretien. Le gestionnaire des contrats-cadres du Hampshire County Council :
Nous voulons pouvoir transférer les données dans nos systèmes de GMAO après la livraison du projet, mais nous n’y sommes pas encore arrivés.
Dans la même enquête, 58 % des répondants disaient n’avoir jamais utilisé la BS 1192-4, la norme qui décrit COBie.3 - Une courte liste suffisait. Quand Argent, le promoteur de King’s Cross à Londres, a demandé à ses gestionnaires d’actifs, à ses gestionnaires d’immeubles et à ses locataires ce dont ils avaient vraiment besoin, la réponse a été
une liste assez courte
. Son responsable BIM :Des livraisons COBie complètes, ce n’est pas la voie que nous voulons prendre.
3 - Encore mal compris des années plus tard. En 2020, John Ford, responsable du numérique chez un entrepreneur et défenseur de l’IFC et de COBie, écrivait que le manque de compréhension de ce qu’est COBie, de son but et de la façon dont il découle de l’IFC étaient
trois de ses obstacles fondamentaux aujourd’hui
, suivis dumanque de prise en charge native
dans les logiciels.7 - Des contrats qui paient pour des fichiers, pas pour de l’information. Dans une consultation britannique de 2020 financée par le gouvernement, tous les répondants sur la question des contrats s’entendaient pour dire que les contrats courants
poussent à livrer des documents, pas une information utilisable, accessible et de qualité suffisante
.8 - Des exigences génériques. Au pays de Galles, une étude de 2026 a entendu :
On reçoit des EIR copiées d’anciens projets, ou tellement génériques qu’elles sont inutiles.
Les participants décrivaient des livrables COBie remis sous forme de tableurs figés, tard dans la livraison.9
Pour être juste, l’article de 2016 cite aussi des clients qui tiraient profit de données COBie complètes, comme le conseil de Sandwell pour ses logements.3 La différence, c’est que ces clients savaient ce qu’ils allaient faire des données.
Pourquoi ça échoue, selon nous.
Les points ci-dessous sont notre propre avis, tiré du travail de tous les jours sur des projets Revit.
- Ce n’est pas beaucoup plus qu’un export de nomenclature. Un classeur COBie est un ensemble d’onglets de tableur liés. À part ses liens entre espaces, zones, systèmes, pièces de rechange et contacts, l’essentiel de ce qu’il contient, c’est ce qu’une nomenclature Revit exportée en Excel ou en CSV contiendrait, avec plus de cérémonie.
- Il ne ramène pas facilement à la maquette. L’identifiant d’une ligne COBie est généralement le GlobalId IFC, pas l’ID d’élément Revit. La commande Sélectionner par ID de Revit ne l’accepte pas; il faut un module d’extension, ou un paramètre enregistré par l’exportateur, pour retrouver l’élément.
- On ne peut pas savoir d’où vient une valeur. COBie définit les colonnes, mais pas quel paramètre de la maquette alimente chacune. Une même valeur peut venir de plusieurs paramètres, être renommée ou fusionnée en sortant, et le fichier ne garde aucune trace de ce qui s’est passé. Deux équipes le remplissent rarement de la même façon.
- Il faut des consultants. Amener une équipe à livrer un COBie valide demande de la formation, des outils de vérification et de l’aide externe, et tout un marché de cours et de services s’est bâti autour. Bilal Succar, sur la valse des normes de remise de COBie à son successeur :
D’innombrables personnes ont passé d’innombrables heures à apprendre, à implanter, à résoudre et à s’adapter. Certains ont bâti du matériel de formation et des offres commerciales autour de A et de B. Ils devront tout refaire maintenant, bientôt, puis encore à l’avenir
. Ses lettres désignent chaque norme successive.17
Les outils autour.
Les logiciels de vérification racontent la même histoire. En 2016, l’Engineer Research and Development Center des États-Unis a publié un vérificateur COBie à code source ouvert, COBieQCReporter. Bill East, le créateur de COBie, a écrit qu’il dépendait de code Java qu’Oracle a cessé de mettre à jour en 2019, et que les efforts pour le relancer ou financer un remplaçant par sociofinancement depuis 2019 ont été sans succès
.25 Son vérificateur actuel, COBieQC, n’est pas vendu. Selon son site, l’utilisateur reçoit une copie gratuite de 12 mois après avoir acheté un manuel d’utilisation imprimé, un par utilisateur, par un service d’impression à la demande. Aucune version d’essai n’est offerte.
La licence est vérifiée en ligne chaque fois que le logiciel démarre
, et aucun soutien technique n’est fourni
.24 Bill East décrit le logiciel comme un travail bénévole
,25 et nous ne doutons pas du travail derrière. D’autres vérificateurs existent dans des outils commerciaux. Mais un donneur d’ouvrage qui exige COBie devrait savoir que le vérificateur de référence de son créateur vient à ces conditions.
- buildingSMART prépare un nouveau cadre, Asset Operations Handover, présenté comme le successeur de COBie. Justin Kirby, qui résume une présentation du responsable de la construction numérique de Skanska à la Digital Construction Week, écrit que l’
approche rigide, centrée sur le tableur, de COBie a mené de plus en plus à un énorme gaspillage de données. Il est très efficace pour être inscrit dans les contrats, mais historiquement très mauvais pour être réellement utilisé par les équipes qui exploitent, nettoient et entretiennent les bâtiments.
16 - Bill East a répondu :
Voir COBie comme un « tableur », c’est toujours passer à côté. Il s’agit de processus : les consultants et les sous-traitants doivent livrer l’information au moment où elle est créée. Sans changement de processus, appelez-le comme vous voulez, ça ne fonctionnera toujours pas.
16 Là-dessus, nous sommes d’accord avec lui : c’est le processus qui compte, et une exigence de format ne livre pas un processus.
Un donneur d’ouvrage qui demande COBie aujourd’hui paie pour un format en voie de disparition. Demandez plutôt à l’exploitation la courte liste des données qu’elle utilise, dans le format que son système importe.
L’ISO 19650 n’est pas une révélation
On présente souvent l’ISO 19650 comme si le fait d’être une norme internationale en faisait la seule source de vérité. Elle est utile, mais la plupart de ses idées de base avaient été publiées des années plus tôt, gratuitement.
- En 2010, le groupe de recherche Computer Integrated Construction de Penn State a publié son BIM Project Execution Planning Guide sous licence Creative Commons. Sa démarche compte
quatre étapes principales : 1) déterminer les objectifs BIM et les usages BIM, 2) concevoir le processus d’exécution BIM du projet, 3) élaborer les échanges d’information, 4) définir l’infrastructure de soutien à la mise en œuvre du BIM
.13 - Les parties 1 et 2 de l’ISO 19650 sont parues en 2018. Elles ont remplacé des normes britanniques qui, selon les mots mêmes de la documentation britannique,
formaient la base de l’approche britannique du BIM
.14 La même documentation le dit clairement :Le contenu d’information est la même information qui a toujours été exigée au cours du cycle de vie d’un actif.
15 - À notre lecture, quand on les met côte à côte, c’est en bonne partie un changement de noms. Les objectifs et usages BIM de Penn State sont devenus les « exigences d’information » du donneur d’ouvrage. Ses échanges d’information sont devenus les « exigences d’échange d’information » et les plans de livraison. Son BIM Project Execution Plan est devenu le « plan d’exécution BIM ». L’ISO 19650 ajoute quand même des éléments utiles tirés des normes britanniques, comme la chaîne des mandats et le flux de travail de l’environnement de données commun.
- L’ISO 19650 est donc un bon vocabulaire commun pour les contrats. Elle ne dit pas à un donneur d’ouvrage de quels usages il a besoin, et son texte est vendu sous licence, alors que le guide de Penn State est gratuit.
Les outils gratuits ne sont pas le goulot d’étranglement
Les outils à code source ouvert sont les bienvenus, et plusieurs peuvent déjà écrire des fichiers IDS.1 Mais d’après notre expérience, le prix d’une licence est rarement ce qui empêche un projet d’obtenir un BIM utile. Ce qui l’en empêche, c’est un donneur d’ouvrage qui ne sait pas dire ce dont il a besoin, une équipe qui n’a jamais été formée pour le livrer, et personne pour vérifier le résultat. Ce que les participants de l’étude galloise demandaient, c’était des gabarits pratiques, des exemples concrets et des outils de validation.9 Un outil gratuit entre des mains non formées produit une maquette floue gratuite.
D’autres approches à surveiller
Si l’industrie veut un échange ouvert qui tient le coup avec de très grosses maquettes, il vaut la peine de regarder des formats conçus pour ça dès le départ. Aucun n’est une norme ISO, et chacun est porté par une seule entreprise ou une petite communauté. Tous sont plus récents que l’IFC, et ce qui suit vient de leur propre documentation; nous ne les avons pas mis à l’essai.
Fragments, de That Open Company
That Open Company, l’équipe derrière IFC.js, publie Fragments, qu’elle décrit comme un format BIM ouvert optimisé pour traiter efficacement de grands ensembles de données
: binaire, compact, et prenant en charge les géométries, les propriétés et les relations
. Sa visionneuse est conçue pour traiter des millions d’éléments en quelques secondes
. Le format repose sur FlatBuffers de Google, donc n’importe qui peut écrire un lecteur ou un rédacteur dans n’importe quel langage, et les bibliothèques sont publiées sous licence MIT.28 Son README indique que la façon la plus simple de créer des Fragments est son importateur IFC intégré : pour l’instant, il s’appuie donc sur l’IFC au lieu de le remplacer.28
VIM
À noter : le fondateur d’OpenBEP travaille chez VIM, l’entreprise derrière ce format. Lisez cette partie en gardant ça en tête.
Un format binaire sous licence ouverte (MIT), de l’employeur du fondateur d’OpenBEP. Sa spécification le décrit comme un format ouvert, moderne et efficace d’échange de données 3D, conçu pour les données BIM et de fabrication et optimisé pour un chargement et un rendu efficaces sur des appareils peu puissants
.26 La géométrie est faite de maillages triangulaires instanciés; les données BIM sont des tables relationnelles.26
- On peut retracer une valeur. Contrairement à une ligne COBie, chaque ligne d’élément garde l’ID d’élément et l’ID unique Revit ainsi que le fichier source d’où il vient, et chaque valeur de paramètre renvoie à une description qui donne le nom du paramètre, son groupe, s’il s’agit d’un paramètre d’occurrence ou de type, et le GUID du paramètre partagé.33 Un outil de vérification peut dire quel paramètre, sur quel élément, dans quel fichier, a donné une valeur.
- La structure de la maquette est conservée. Les sous-projets, les phases, les niveaux, les options de conception, les vues ainsi que le volume et la surface de chaque matériau dans chaque élément sont stockés sous forme de tables, avec la catégorie Revit telle qu’elle a été modélisée, plutôt que convertie vers les classes d’un autre schéma.33
- Code ouvert. Les bibliothèques du format et une visionneuse web basée sur React sont publiées sous licence MIT.27
- Limites. C’est le format d’une seule entreprise, pas une norme ISO. Il ne stocke que des maillages, sans géométrie paramétrique. C’est un export, donc il se périme comme n’importe quel export. Sa propre documentation indique que les ID d’élément Revit peuvent se répéter d’un fichier lié à l’autre, et que même les ID uniques de Revit se sont déjà répétés pour des éléments intégrés.33 Nous ne l’avons pas comparé à l’IFC et ne prétendons rien sur la taille ou la vitesse.
Et d’autres
- Speckle est une plateforme de données à code source ouvert qui
se connecte à vos outils AEC préférés
et transmet des objets entre eux, avec une visionneuse web sous licence Apache-2.0.29 - dotbim est
un format de fichier BIM à code source ouvert et minimaliste
, sous licence MIT, avec seulement des maillages triangulés et une page de documentation, contre plus de 100 pour l’IFC, selon ses propres calculs.30 - iTwin.js, de Bentley, est
une bibliothèque à code source ouvert pour créer, interroger, modifier et afficher des jumeaux numériques d’infrastructures
, sous licence MIT.31 - OpenUSD, le format de scènes créé par Pixar, est, selon l’alliance industrielle qui le porte,
maintenant adopté par des industries au-delà du cinéma, dont l’architecture, l’ingénierie et la construction
.32 Les travaux sur l’IFC 5 lui empruntent des idées.22
Nous ne demandons pas aux donneurs d’ouvrage d’exiger l’un de ces formats à la place de l’IFC. Comme l’IFC, ce sont des exports, pas des maquettes maîtresses, donc les fichiers natifs restent importants. Notre point est plus précis : une exigence écrite seulement « livrer un IFC » fixe le contenant, alors qu’une exigence écrite « livrer ces données, vérifiables avec cet IDS » fixe ce qui compte et laisse de la place à de meilleurs contenants.
Ce que disent les gens du métier
Nous avons lu des publications publiques sur LinkedIn et les réponses sous celles-ci, y compris sous les publications de buildingSMART International. Les citations sont traduites de l’anglais. Quand le rôle de quelqu’un n’était pas affiché, nous donnons seulement son nom. Nous citons aussi les gens qui défendent l’IFC.
- Marko Lazic :
Deux décennies de normes, et « envoie-moi juste l’IFC » est encore la phrase qui gâche un après-midi.
Et :Chaque vrai projet a un dossier d’exports à moitié brisés et une personne dont tout le travail consiste à réparer ce que le format a perdu.
18 - Jelena Stevanovic, en réponse :
L’IFC est souvent traité comme la solution, alors qu’en réalité ce n’est que le contenant. Sans exigences d’information clairement définies et un contrôle de la qualité adéquat, le « BIM ouvert » reste plus une promesse qu’un processus
.18 - Mayur Tanna, dans la même discussion, a vérifié un IFC fédéré d’environ 3 200 objets :
352 éléments exportés comme IfcBuildingElementProxy, leur vraie classe perdue à l’export. 793 doublons de fédération
, et133 étages qui sont en fait 28 niveaux
. Il ajoute :Quelle part revient au format et quelle part aux réglages d’export, je ne peux pas le dire du côté de celui qui reçoit.
18 - Stefan Kovacs, en réponse à la publication de buildingSMART International sur son sommet de Tokyo en 2026 :
Le développement des applications avance bien, mais surtout à un niveau très théorique. Comme exploitants et constructeurs qui paient, nous avons besoin de solutions rapides (des cas d’usage qui règlent des problèmes) qui nous aident dans nos tâches.
Il demande à buildingSMART defixer des cibles avec des échéanciers pour l’industrie
.20 - Birgitta Schock, de buildingSMART Suisse :
L’openBIM a atteint un niveau de maturité technique qui aurait semblé ambitieux il y a dix ans. Pourtant, beaucoup d’organisations ont encore du mal à formuler ce qu’elles veulent vraiment accomplir avec.
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L’autre point de vue
- Steven S., en réponse à Lazic :
« Envoie-moi juste l’IFC », ce n’est pas une exigence d’information.
Selon lui, l’expéditeur et le destinataire n’ont souventjamais vraiment défini l’échange lui-même
, donc la faute n’est pas toujours celle de l’IFC.18 Erik Björnhage disait la même chose :Travailler avec l’IFC n’est pas vraiment un problème, tant que tout le monde comprend ce qu’il demande et ce qu’il reçoit.
18 - Menno Mekes :
les grands entrepreneurs aux Pays-Bas exigent et utilisent l’IFC comme livrable de projet, même quand ils travaillent avec une grosse plateforme qui ne prend en charge que les maquettes natives.
Et :Ça fonctionne, tout simplement.
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Les défenseurs et les critiques arrivent au même endroit : un échange fonctionne quand il a été défini et vérifié. Cette définition, c’est la partie que les donneurs d’ouvrage sautent, et c’est à ça que sert un PEB.
Combien ça a coûté?
Nous avons cherché des chiffres mesurés : des heures ou des dollars perdus à cause de livrables COBie ou IFC sur un projet nommé. Nous n’en avons trouvé aucun de publié, y compris dans les discussions LinkedIn ci-dessus, où ce qui s’en approche le plus est le décompte, par un praticien, des erreurs dans un seul fichier IFC. Les sources décrivent le gaspillage avec des mots, pas avec des chiffres. Si vous connaissez un cas mesuré, dites-le-nous et nous l’ajouterons avec sa source.
Ce que les donneurs d’ouvrage devraient demander en premier
- Les usages. Nommez les usages BIM dont vous avez besoin, phase par phase : coordination, quantités, permis, exploitation. Pas d’usage, pas d’exigence.
- Le contenu. Pour chaque usage, dressez la liste des éléments, du niveau de développement à chaque étape et des paramètres que chaque élément doit porter, avec les mêmes noms sur chaque projet.
- Les fichiers maîtres. Faites des fichiers natifs des logiciels de conception le livrable contractuel, pour que l’équipe suivante, et la prochaine rénovation, puissent continuer le travail.
- Des exigences vérifiables. Publiez aussi les exigences sous forme de fichier IDS, pour qu’une livraison puisse être vérifiée automatiquement.
- Les problèmes en BCF. Demandez les problèmes de coordination en BCF, pour qu’ils passent d’un outil à l’autre avec leurs points de vue.
- Des exports seulement là où un usage en a besoin. Demandez de l’IFC, ou un autre format d’échange, quand une partie nommée doit utiliser la maquette sans le logiciel de conception. Précisez quelle version et quelles propriétés.
- Des vérifications qui ont des conséquences. Vérifiez la maquette à chaque jalon et retenez le paiement tant qu’il ne passe pas.
- Des données de remise que les gens vont utiliser. Demandez à l’exploitation la courte liste des données d’actifs qu’elle utilise vraiment, dans le format que son système importe. Ne demandez pas COBie par défaut.
OpenBEP suit ces étapes dans l’ordre. Le donneur d’ouvrage choisit les usages, et le générateur de PEB les transforme en plan, en exigences élément par élément, en paramètres partagés, en fichier IDS et en vérifications aux jalons.
Bâtir un PEBCe que cette page ne dit pas
- Elle ne dit pas que les exports sont inutiles. Un export est le bon outil quand quelqu’un qui n’a pas le logiciel de conception doit utiliser la maquette.
- Elle ne dit pas que les normes ouvertes sont une mauvaise idée. IDS et BCF valent la peine d’être exigés, et l’ISO 19650 est un vocabulaire utile.
- Elle ne met en doute les motifs de personne. Une bonne partie des preuves sur cette page vient de buildingSMART et des défenseurs mêmes du BIM ouvert.
Sources
Chaque lien ci-dessous a été ouvert et vérifié le 20 ou le 21 octobre 2026. Les numéros de page sont ceux du PDF. Les citations du guide québécois sont dans leur version originale; les citations de sources anglaises, néerlandaises et japonaises sont nos traductions.
- É. Poirier, C. Arnould, Les principes du BIM ouvert et de son application dans les projets publics, Feuille de route gouvernementale pour la modélisation des données des infrastructures, version approuvée le 14 mai 2025, p. 1, 2, 8, 11, 12, 13, 17, 19, 20, 23, 24, 25.
- M.-È. Sirois, Démystifier le BIM ouvert, Portail Constructo, 2019-10-29 (entrevue avec trois représentants de buildingSMART Canada).
- Construction Management (BIM+), To COBie or not to COBie – the client's conundrum, 2016-06-09.
- Autodesk, Open an IFC File, Revit 2023 Help.
- Forum Standaardisatie, Forumadvies toepassingsgebieden Geo-standaarden, SETU, WDO, VISI, IFC en COINS 2.0, FS-20190424.04A, 2019.
- A. Hannell, COBie is already an outdated method of data management, Construction Management (BIM+), 2016-06-09.
- J. Ford, The future of the IFC-COBie saga, Construction Management (BIM+), 2020-08-21.
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